Arts - Sénégal : adieu Oumar Ly

Arts - Sénégal : adieu Oumar Ly

vendredi 4 mars 2016 à 21:15

« Ce mercredi 2 mars 2016, le studio Thioffy n’ouvrira pas ses volets sur la rue du marché de Podor, au Sénégal. Les amis du photographe Oumar Ly ne se retrouveront pas comme à l’accoutumée autour du thé à la menthe, pour commenter les nouvelles du coin. À soixante-treize ans le Monsieur est parti. Brutalement. Laissant derrière lui une grande famille et des archives photographiques uniques, relatant la vie des habitants de Podor et des villages bordés par le fleuve, face à la Mauritanie. On y découvre un petit monde peuplé de visages d’enfants et d’adultes qui ont pris la pose dans le studio. » C’est ainsi que Frédérique Chapuis, qui l’avait bien connu et lui avait consacré un livre aux éditions Filigranes, salue la disparition d’un grand nom de la photographie africaine de studio.
L’âme de Podor s’en est allée

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Né vers 1943 à Podor, petite ville commerçante du Sénégal frontalière avec la Mauritanie, fils de marabout et commerçant, Oumar découvre la photo à la faveur d’une rencontre avec un militaire français. En 1963, « armé » d’un Kodak Brownie Flash, il ouvre son studio dans une rue du marché où, les unes après les autres, les familles viendront se faire photographier. Lui-même se déplaçant en brousse avec son matériel, réalisant peu à peu, selon le titre de l’opus, un travail en forme de « Portraits de brousse ».

En 2013, à Paris, le Comptoir général avait reconstitué son studio le temps d’une exposition qui incitait au dialogue avec cet homme à la fois réservé et chaleureux plus qu’elle ne mettait réellement en valeur ses travaux. Ceux-ci, à partir de 2009, furent exposés à Dakar (galerie du Manège), mais c’est sans doute à Bamako, lors des Rencontres africaines de la photographie en 2009, que la rétrospective proposée à la mairie de la capitale du Mali donna la mesure de cette oeuvre. « Une natte pour frontière », titre de l’exposition proposée – toujours par Frédérique Chapuis –, montrait comment, à l’aide d’un unique accessoire, une natte, et parfois quelques objets simplissimes, Oumar Ly donnait présence à ses sujets in situ. Exposé ensuite au festival de Brighton, il fut aussi honoré à Saint-Louis et à Podor, sa ville, en deuil de cet œil qui sut en capter la vie, brève et longue à la fois.

Source : LePoint.fr


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