Entre Rodez et la Mauritanie, une coopération vitale

Entre Rodez et la Mauritanie, une coopération vitale

dimanche 7 août 2016 à 15:45

Deux cadres de santé mauritaniens viennent de passer quatre mois à l’hôpital de Rodez afin de se former à la gestion sous toutes ces formes. Chérif Ahmed Maadh, médecin chef et directeur de l’hôpital public régional du Tiris-Zemmour, à Zouérate, et Abdallah Beyrouk, infirmier-chef et directeur de la polyclinique SNIM (Société nationale industrielle et minière), à Zouérate, sont heureux de la formation qu’ils viennent de recevoir grâce à un personnel médical ruthénois coopératif et accueillant.

Un partenariat de longue date

Grâce aussi au partenariat initié par l’ancien maire de Rodez, Marc Censi, au travers de l’association « Les Amis de F’Dérick », créée par le docteur Marcel Roger et présidée aujourd’hui par Jean-Pierre Roger. Les deux Mauritaniens ont essayé d’acquérir un maximum de données en un minimum de temps afin d’en faire bénéficier leurs deux établissements respectifs, qui se sont largement développés. Le petit hôpital de Zouérate est en effet devenu un centre hospitalier de 65 lits et la clinique du SNIM vient d’être transformée en hôpital de 102 lits contre 42 auparavant. Même si leurs tailles ne rivalisent pas encore avec les 400 lits du centre hospitalier de Rodez, ce sont ces évolutions qui ont motivé la présence de ce médecin et de cet infirmier qui, lui, venait à Rodez pour la deuxième fois. « Il y a de grandes différences mais pour nous, c’est un objectif de gestion, de savoir-faire et de savoir-être à atteindre », indiquait Chérif Ahmed Maadh.

Au programme de leurs journées de stage : gestion des données, du temps et du personnel, management, finances, comptabilité, ressources humaines, logistique. Les deux Mauritaniens ont aussi visité les blocs opératoires, le service de dialyse, le Samu, et sont allés jusqu’à l’hôpital d’Espalion à la découverte de son service de réadaptation. « Des outils qui pourraient être exploitables chez nous », remarque Abdallah Beyrouk, qui dit manquer cruellement dans son établissement d’une unité de dialyse, d’un scanner, d’un gynécologue et d’une maternité. En revanche, il se satisfait d’accueillir prochainement un pédiatre et un kinésithérapeute.

Attentat

« Ce stage de gestion hospitalière nous permettra de mieux gérer nos hôpitaux. Cette coopération entre le centre hospitalier de Rodez et l’hôpital de Zouérate est vitale pour nous et notre personnel car on est en manque de compétences. On a besoin de vous, nous sommes un embryon par rapport à vous », enchaîne Abdallah Beyrouk, qui confie aussi que onze sages-femmes sont en demande là-bas pour être formées à l’échographie prénatale. Ce à quoi le directeur de l’hôpital de Rodez, Frédéric Bonnet, a répondu qu’il regrettait que « ce ne soit pas plus facile d’aller en Mauritanie » car la France a stigmatisé ce pays depuis l’attentat-suicide devant son ambassade en 2009 alors que « depuis il ne s’est rien passé. La Mauritanie est quadrillée par l’armée, son islam est modéré et elle n’est pas radicalisée. Elle est plus sûre que Paris », a argumenté Addallah Beyrouk. « Les Amis de F’Dérick » en sont persuadés puisqu’ils continuent d’envoyer des caravanes humanitaires avec du matériel tel que des centrifugeuses, des fauteuils roulants, des lits médicalisés, des fauteuils dentaires et des fournitures médicales diverses à Zouérate.

Les Amis de F’Dérick et du Tiris-Zemmour, 42 bis av. Amans-Rodat à Rodez, tel 0 565 687 641 ou 0 638 787 033, et amis.tiriszemmour@orange.fr

Marie-Christine Bessou

Source : LaDepeche.fr


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