Insécurité alimentaire dans l'espace Cedeao, en Mauritanie et au Tchad : 9,7 millions de (...)

Insécurité alimentaire dans l’espace Cedeao, en Mauritanie et au Tchad : 9,7 millions de personnes touchées

jeudi 30 mars 2017 à 15:25

Le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) tire la sonnette d’alarme. Selon le coordonnateur du Programme de sécurité alimentaire du Cilss, Mohamadoun Hamadou, présentement 9,7 millions de personnes vivant dans les 15 pays de la Cedeao, en Mauritanie et au Tchad sont en situation d’insécurité alimentaire. Et si on ne les assiste pas d’ici juin, ce sera 13 millions de personnes qui seront touchées, selon M. Hamadou. Et pourtant la production céréalière a atteint 67 millions de tonnes dans cet espace durant la présente campagne agricole.

La situation alimentaire et nutritionnelle des pays de la Cedeao, en plus de la Mauritanie et du Tchad, est plus préoccupante. A la date du 24 mars, le Programme de sécurité alimentaire du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) révèle que près de 9,7millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. Analysant la situation de cette population, le coordonnateur du programme de sécurité alimentaire du Cilss soutient que toutes ces personnes n’auront pas de quoi se nourrir jusqu’à la prochaine récolte. Parmi ce groupe, « certains ont des provisions pour 4 mois, d’autres pour 6 mois et d’autres pour seulement, un mois et une partie n’a rien à se mettre sous la dent », détaille Mohamadoun Hamadou. Mais prévient-il, ce n’est pas le plus alarmant, si les pays n’apportent pas vite une assistance d’ici juin-août qui correspondent à la période de soudure. « Nous allons nous retrouver avec plus de 13 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et parmi ces personnes, le Cilss compte près de 3,5 millions d’enfants en situation de nutrition difficile », annonce M. Hamadou.
Le Cilss qui est un instrument sous régional de lutte contre la sécheresse recommande ainsi, aux pays de mettre très rapidement en œuvre des plans de réponse en relation avec les partenaires financiers pour venir en aide à toutes ces personnes en difficulté. Déjà le Programme alimentaire mondial (Pam) va apporter de la nourriture immédiatement, selon Coumba Sow, coordonnatrice du Bureau sous régional pour la résilience de la Fao pour l’Afrique de l’Ouest. Elle indique en outre, que la Fao va se concentrer sur la partie agricole et s’assurer que la campagne agricole prochaine ne va pas subir de pressions. L’orga­nisa­tion planifie ainsi pour les semaines à venir et compte apporter des semences, des intrants du petit matériel, de petits animaux et de la volaille.

67 millions de tonnes de céréales récoltées cette année
Pourtant au même moment, ces pays ont enregistré pour cette présente campagne agricole, une production céréalière très satisfaisante. Le Cilss qui a fait une évaluation définitive de la campagne agricole à l’occasion de la concertation régionale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest qui s’est déroulée durant trois jours à Dakar évalue la production céréalière de ces pays à 67 millions de tonnes. Une production jugée « très bonne ». Mais, Mohamadoun Hamadou indique que cette production ne doit pas cacher les difficultés que rencontrent certains pays comme le Libéria, la Mauritanie, la Gambie qui connaissent des déficits. M. Hamadou relève la forte propension de certains pays comme le Sénégal à être de grands importateurs de riz.
Avec cette rencontre, le Cilss boucle le cycle de son dispositif. Il entame à partir du mois de juin, un autre cycle. Les experts vont se rencontrer très prochainement, pour donner aux Etats les prévisions saisonnières. Mais avant cette rencontre, le Cilss a demandé aux Etats de mettre à la disposition des dispositifs nationaux des ressources pour les renforcer. Car, le niveau régional ne peut rien faire si les dispositifs nationaux ne sont pas renforcer. Ce sont les dispositifs qui leur donnent des informations fiables. Le Cilss a aussi exhorté les partenaires et les organisations sous régionales comme l’Uemoa, à l’appuyer ainsi que les pays pour leur permettre de faire le travail de supervision et de suivi.

Source : LeQuotidien.sn (Sénégal)


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