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Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2017 au titre de l’article IV avec la République Islamique de Mauritanie

lundi 14 août 2017 à 09:04

Le 28 juillet 2017, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l’article IV [1] avec la République Islamique de Mauritanie.

La Mauritanie reste confrontée à un environnement extérieur complexe marqué par la faiblesse et la volatilité des cours des métaux. La chute marquée des cours du minerai de fer en 2014–15 a réduit les exportations de moitié, creusé le déficit budgétaire, pesé sur les réserves et mis en évidence les vulnérabilités des banques. Face à cette situation, les autorités ont sensiblement ajusté le budget en 2016 (d’un montant de 3% du PIB), ont laissé le taux de change s’ajuster et ont mobilisé des dons et prêts étrangers. Ces efforts ont permis de réduire les déséquilibres extérieurs et de maintenir la stabilité macroéconomique : le déficit courant a été réduit à 15 % et l’inflation a été contenue à 1,5 % en moyenne en 2016. Toutefois, la croissance est restée faible, avec une estimation à 1,7 %, et la dette extérieure a continué de s’accroître (jusqu’à 72 % du PIB). Le ralentissement de l’activité économique a également accentué les risques pesant sur la stabilité financière. En réponse, les autorités sont entrain de renforcer la supervision bancaire et de préparer une stratégie nationale de croissance accélérée et plus inclusive pour 2016-30 qui comprend des réformes structurelles et un vaste programme d’investissement en infrastructure financé sur ressources extérieures pour soutenir l’emploi, la croissance et la diversification.

Les perspectives de croissance se sont améliorées grâce aux investissements publics et aux réformes structurelles programmés et à un certain redressement des cours des métaux, même s’il a été de courte durée. Toutefois, d’importants déséquilibres extérieurs persistent ; les perspectives restent tributaires des facteurs exogènes que sont les cours des matières premières et les investissements étrangers dans les industries extractives ; et les remboursements de dette à venir pourraient accentuer la pression sur les réserves, qui sont tombées à 4,8 mois d’importations hors industries extractives en mars 2017. La mise en valeur éventuelle d’un gisement de gaz offshore récemment découvert pourrait changer la donne à partir de 2021.

Évaluation par le Conseil d’administration [2]

Les administrateurs félicitent les autorités mauritaniennes de la vigoureuse politique économique mise en œuvre pour faire face à une conjoncture difficile caractérisée par le faible niveau des cours des métaux, mais notent que la stabilité macroéconomique et financière de même que la reprise naissante demeurent fragiles. Au vu de cela, ils conviennent qu’à l’heure actuelle il importe avant tout d’accompagner la croissance, de combattre la pauvreté et le chômage, de diversifier l’économie et de répondre aux besoins en infrastructures tout en renforçant par ailleurs la stabilité macroéconomique, la position extérieure et la viabilité de la dette. Pour atteindre ces objectifs dans un contexte de ressources limitées et d’un endettement élevé, les administrateurs engagent les autorités à mener des politiques prudentes et à réaliser des réformes structurelles de manière soutenue.

Les administrateurs conviennent que les réformes structurelles et la mise à niveau des infrastructures sont vitales pour corriger les déséquilibres extérieurs et promouvoir la diversification de l’économie. Par ailleurs, la plupart des administrateurs jugent prioritaire d’assurer une plus grande souplesse du taux de change pour contribuer à doper la compétitivité, améliorer la situation extérieure, absorber les chocs et permettre à la politique monétaire de mieux gérer les contraintes de liquidité bancaire et d’accompagner la croissance économique. Un petit nombre d’administrateurs doutent du potentiel qu’offrirait le taux de change pour doper la compétitivité compte tenu des capacités de production limitées du pays. Quelques administrateurs notent également la crainte manifestée par les autorités qu’une politique monétaire accommodante ne compromette les efforts engagés pour stabiliser une situation extérieure qui demeure faible. De manière plus générale, les administrateurs encouragent les autorités à mettre en place un système d’adjudication de devises transparent et ouvert la concurrence, à lever les obstacles réglementaires au développement d’un marché interbancaire et à renforcer les réserves.

Les administrateurs recommandent que la politique budgétaire se centre sur la consolidation des ajustements assurés jusqu’à présent et sur la création d’une marge de manœuvre budgétaire en accélérant les réformes en cours. Cela permettrait d’accroître les dépenses sociales et les dépenses d’infrastructure sans compromettre la stabilité macroéconomique ni la viabilité de la dette. Les administrateurs encouragent les autorités à poursuivre la modernisation des administrations fiscale et douanière, à mettre en place un impôt sur les sociétés, à adopter la nouvelle loi de finances organique et à revoir et supprimer progressivement les exonérations fiscales. Ils engagent les autorités à mettre rapidement en œuvre les mesures récemment adoptées pour renforcer l’investissement public et la gestion de la dette afin de contribuer à hiérarchiser les projets. Les administrateurs s’accordent de manière générale sur la nécessité d’éviter les emprunts non concessionnels et d’accorder plutôt la préférence aux prêts concessionnels et aux dons. S’agissant des négociations engagées par la Mauritanie avec les créanciers bilatéraux hors Club de Paris, plusieurs administrateurs rappellent l’ importance de préserver la comparabilité de traitement entre créanciers officiels bilatéraux.

Les administrateurs soulignent qu’il est important de gérer les risques grandissants qui pèsent sur la stabilité financière et de doper le crédit au secteur privé. À cet égard, ils encouragent les autorités à donner suite aux progrès récemment enregistrés et à accélérer la mise en œuvre des recommandations du PESF de 2014, tout particulièrement en ce qui a trait au renforcement de la supervision bancaire et à l’adoption de la nouvelle loi bancaire et des statuts de la banque centrale.

Les administrateurs saluent l’avant-projet de stratégie de développement pluriannuelle élaboré par les autorités pour parvenir à une croissance plus forte et plus inclusive, et ils les encouragent à parachever rapidement cette stratégie et à procéder à sa mise en œuvre. Ils recommandent d’étendre le champ des politiques sociales, de renforcer les dispositifs de protection sociale et de poursuivre les efforts destinés à améliorer le climat des affaires et la gouvernance à l’appui de la croissance du secteur privé, de la création d’emplois et de la diversification de l’économie. Les administrateurs soulignent qu’une augmentation des dépenses dans l’éducation et la santé permettrait d’améliorer les résultats sociaux et la productivité et contribuerait à réduire la pauvreté.

[1] Conformément aux dispositions de l’article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d’administration.

[2] À l’issue des délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés du Conseil d’administration à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/np/sec/... ..

Département de la communication du FMI


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