Limam Kane alias Monza, un artiste au service des artistes

Limam Kane alias Monza, un artiste au service des artistes

lundi 25 juin 2012 à 16:25

Monza - de son vrai nom Limam Kane – est un artiste dont l’engagement en faveur du hip-hop n’est plus à démontrer. En préambule du festival Assamalekoum International, l’artiste se dévoile. Et insiste sur le rôle de la culture dans le développement de la Mauritanie. Portrait.

Passionné par l’écriture et la poésie depuis son adolescence, Monza a décidé d’exprimer sa passion à travers le Hip Hop, son cheval de bataille. Il intègre, alors qu’il n’a que quinze ans, le groupe African Prodige, mais après l’implosion du groupe, il rejoint un collectif d’artistes connu sous le nom intelligentsia puis, quelques temps plus tard, Do Re MifaA de J.F.E.X. Nous sommes en 1998. Le fondateur du futur festival Assalamalekoum diffusera sa première œuvre sur les ondes de RFI avec Claudy Siar dans l’émission « Couleurs Tropicales ».

Une fois le Bac en poche en 2000, le Président de la Rue Publik, qu’on appelle alors Monza, et Couly Man, « médiateur » de ladite Rue Publik, forment un groupe de choc. Cela leur vaudra de décrocher leur première diffusion commerciale en France. En 2004, il sort un album, ce qui lui permettra de faire des tournées en Mauritanie, mais aussi au Sénégal.

Après plusieurs compilations, de Mixtape à Egotrip, en passant par Scratchs et des scènes au niveau national et international qui lui valurent une reconnaissance artistique, Limam Kane crée la structure Zaza Productions qui organise depuis mai 2008 le premier évènement « Assalamalekoum hip hop festival ». Il a aussi côtoyé plusieurs artistes de taille, comme Malouma, Baba Maal, Daara J, Disiz La Peste, Zaho, Tunisiano, Sefyu ou encore Mokobé.

Un engagement en faveur de la musique

Figure emblématique du rap mauritanien, Monza est aussi un musicien engagé. Hamed Seck, technicien et Adja Diallo, bibliothécaire à l’Institut français de Mauritanie, témoignent. Selon eux, Monza est un « concentré d’ambition » qui se bat pour le développement de la culture mauritanienne qu’il a largement fait connaître au-delà des frontières mauritaniennes.

Pour l’écrivain et le directeur artistique du festival les Traversées Mauritanides, Bios Diallo, l’initiative de Monza mérite d’être loué et encouragé, « surtout dans un environnement où l’art en général est marginalisé ». Selon Bios Diallo, Monza crée d’années en années des initiatives qui donnent de la « visibilité à l’art et à la création » avec par exemple Assalamalekoum Découverte, qui fait la promotion des artistes auprès du public.

« Il s’engage profondément vis-à-vis de son pays : c’est pourquoi il a donné la parole à tous les musiciens mauritaniens en créant à la fois ce festival Assalamalekoum, mais aussi son label de production Zaza Productions », estime Jany Bourdais, directeur adjoint de l’Institut Français de Mauritanie. Selon lui, Monza est présent non seulement sur la scène mais aussi dans tous les quartiers de Nouakchott, à travers son engagement social. Il aide les jeunes à faire leurs premiers enregistrements.

Limam Kane affirme lors d’un entretien que son engagement traduit la volonté d’un artiste « désireux de changer les choses » en valorisant la qualité, la créativité tout en restant ancré dans la culture locale. Selon lui, l’engagement culturel doit être non seulement une nécessité de développement. C’est aussi un message de tolérance, de rencontre, et d’ouverture. Il s’agit selon lui « d’aller vers l’autre sans s’aliéner. »Il soutiendra que son objectif est de « faire de la culture un droit », « non pas un besoin, mais une nécessité. »

Evoquant le ministère de la Culture, il évoque de sa « faiblesse structurelle » malgré la richesse culturelle du pays. Selon lui, il appartient aux acteurs culturels de dissocier le statut de l’artiste de celui du griot, une catégorie qui bénéficie à ses yeux, de plus d’égards de la part des autorités. Face au risque de marginalisation du secteur culturel, le fondateur du festival Assalamalekoum souligne que ce sont les artistes qui ont refusé d’abandonner la culture tout en contribuant au développement du pays dans tous les domaines.

Un engagement qui va au-delà de la culture

Hormis ses actions culturelles, le Président de la rue Publik entreprend des actions sociales : il participe à la diffusion et à la vulgarisation des idées lies aux droits de l’homme, et porte assistance aux enfants de la rue en préparant la diffusion d’une chanson pendant le festival.

Il organise aussi des ateliers de percussions et de chorégraphie avec des enfants de l’école des sourds et muets d’El Mina. Par ailleurs, il a favorisé la traduction en Poular de la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais aussi célébré les journées de l’enfance entre autres. Avec Assalamalekoum, les « Coyotes » mauritaniens ont de beaux jours devant eux.

Cheikh Oumar N’Diaye

RFI


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