Maroc : malgré son impair sur la Mauritanie, Hamid Chabat se maintient à la tête de (...)

Maroc : malgré son impair sur la Mauritanie, Hamid Chabat se maintient à la tête de l’Istiqlal

mercredi 4 janvier 2017 à 15:55

Le chef du parti nationaliste a réussi à faire échouer les appels à sa démission lancés par la direction historique. Mais la participation de son parti au futur gouvernement n’est pas acquise.

Réuni samedi 31 décembre, le Conseil national extraordinaire de l’Istiqlal a décidé de conserver Hamid Chabat à son poste de secrétaire général. Malgré la bourde commise par ce dernier sur la « marocanité » de la Mauritanie, il a réussi à convaincre ses collègues de le garder et à désamorcer une crise qui aurait pu lui coûter son poste. Il a usé de toutes les manœuvres de séduction possibles pour arriver à ses fins, en faisant profil bas et en assurant que son objectif restait « l’unité du parti ».

Pour montrer sa bonne foi, il a notamment déclaré à ses pairs « qu’il ne [voulait] pas devenir ministre » et qu’il allait même se retirer des négociations gouvernementales avec le Premier ministre Abdelilah Benkirane, désignant trois ténors qui seront, dorénavant, les porte-paroles de l’Istiqlal dans ces discussions : Mohamed Soussi, Bouamar Taghouane et Hamdi Ould Rachid.

Au terme de sa réunion de samedi, l’Istiqlal a maintenu sa volonté de participer au gouvernement. Cela pose un sérieux problème à Benkirane, qui se trouve désormais entre deux feux. D’un côté, il a donné sa parole à Hamid Chabat en vue de l’associer à son équipe et ne veut pas revenir dessus. De l’autre, le Rassemblement national des indépendants (RNI) demande l’exclusion de l’Istiqlal comme préalable pour rejoindre la coalition gouvernementale.

Mais la mise à l’écart de l’Istiqlal du prochain gouvernement est de plus en plus envisagée au vu des dégâts occasionnés par la crise diplomatique engendrée par la dernière sortie de Hamid Chabat.

Une semaine agitée

Un vent de « déchabatisation » a soufflé sur le parti de l’Istiqlal la semaine dernière après que le controversé secrétaire général a qualifié la Mauritanie de « territoire marocain ». Le 29 décembre, 37 ténors de l’Istiqlal, dont d’anciennes figures tutélaires qui ont servi sous Hassan II comme M’hamed Boucetta, Abbas El Fassi et M’Hamed El Khalifa, avaient publié une lettre au vitriol reprochant au fauteur de trouble « ses déclarations irresponsables » et lui demandant de partir. « Il a démontré qu’il n’est ni qualifié ni capable de poursuivre à la tête du secrétariat général du Parti de l’Istiqlal », écrivaient-ils dans leur communiqué.

Le putsch des seniors

Il faut dire que, depuis sa nomination à la tête du parti en 2012, l’impulsif sexagénaire a accumulé revers et faux pas. « Sa sortie sur la Mauritanie n’est que la goutte qui a fait déborder [le] vase », confie un membre du parti nationaliste. Durant toutes ces années, les Fassis de l’Istiqlal ne l’ont jamais porté dans leur cœur. Ancien syndicaliste au discours populiste, il dérange le conservatisme de l’Istiqlal nourri au nationalisme des années 1950. Jusqu’à maintenant, on gardait le silence dans les rangs de peur de voir le parti imploser.

« Là, non seulement, il a offensé la Mauritanie, mais en plus, il a fait signer à son bureau exécutif un communiqué où il déclare qu’il n’a pas de leçons à recevoir du ministère des Affaires étrangères qui avait jugé ses propos irresponsables », confie la même source istiqlalienne.

Carton rouge du Palais

Depuis Hassan II, jamais l’Istiqlal n’a osé tenir tête au pouvoir « d’une façon aussi effrontée » et, qui plus est, sur des sujets qui touchent la politique étrangère, domaine réservé au roi. Un faille que le secrétaire général du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, ne s’est pas privé d’exploiter pour écarter encore plus l’imprévisible Chabat du prochain gouvernement. « La grande problématique est ce qui s’est passé dernièrement : ses communiqués et ses déclarations contre des communications de l’État », a t-il lâché à la sortie d’une réunion de négociations gouvernementales avec Abdelilah Benkirane, le 29 décembre, rapporte le journal Tel Quel.

Sans compter que la confiance est rompue avec le Palais. Comme le font remarquer ses propres collègues au sein du parti, Chabat a montré qu’il n’est pas capable de comprendre la sensibilité du chantier africain porté par le roi.

Source : Jeune Afrique


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