Mauritanie : Hommage à LY Djibril Hamet (Par Ba Khassim Sidiki)

Mauritanie : Hommage à LY Djibril Hamet (Par Ba Khassim Sidiki)

samedi 24 octobre 2015 à 16:12

« Suis-je romancier » se demandait Proust derrière son narrateur. Dans une une vie ponctuée d’aléas médicaux à travers une œuvre il prononçait « j’ai mis le mot fin » ; épilogue prémonitoire d’un adieu définitif six mois plus tard. Mais peut-il y avoir vraiment un terme à un édifice qui survit à son réalisateur ? Chercher et se rechercher dans le romanesque révélera un écrivain qui ne vit pas son temps mais le temps qui vit en lui. Voyage inachevé que celui de Ly Djibril Hamet où son travail est commencement parce qu’il nous laisse un temps présent, une écriture nécessairement postérieure à son auteur. Il revient aux lecteurs d’en étendre les ramifications, de s’en approprier. C’est que Ly Djibril Hamet nous ouvre les voies intérieures, au lieu de l’artefact social, celles du moi profond dont l’art et la littérature ont le secret.

Ly Djibril Hamet a connu la souffrance, la privation, que son intelligence transmue en connaissance de l’humain, en leçon de sagesse, en un guide d’inspiration : contribuer, élaborer, penser. C’est pourquoi à sa sortie de prison, il se consacra principalement à ce qui offre une compréhension plus fine des hommes et des sociétés. Homme de conviction, idéologue dés qu’il s’agit d’altérité, il magnifiait la culture dans un pléonasme créateur. Au fond il ne s’est jamais départi de la vocation d’écrivain qui a toujours été la sienne. La disparition de ce sculpteur des mots ne conclut pas une scène, ne clot un temps. Elle noue plutôt les liens de sens inaugurés par les textes qu’il a composés, les palabres qu’il animait, les éveils qu’il impulsait. Dans le soir qui l’accompagne là ou cessent les cyclones de l’existence, Ly Djibril Hamet nous conte encore, par l’oeuvre qu’il nous a léguée, le sens du devoir, le dépassement de soi dans une aventure intellectuelle. Le privé, le personnel et le public s’éclipsent, se subsument dans l’essence, monde de la durée par la création et le génie.

Aujourd’hui, nom ne peut mieux résonner que celui de son village natal, Looboudou c’est-à-dire le Refuge, en métaphore de la protection, de sol qui enveloppe un de ses fils, la terre où sont parties ses racines, lieu de l’envol du « pélican » qui a voué une vie de sacrifices. Ly Djibril Hamet, ce peulh du Fouta Torro, nous conviait à la perception des rosées du matin, à la royauté du regard sur le balancement des choses. En miltant de la première heure, il fit du développement des langues nationales le Puular, l’Arabe, le Soninké, le Wolof, un ministère, une foi en une aurore de fraternité. Il part en initié et interpète des traditions au moment où il s’exerçait dans ce qui avait valeur pour lui, lui tenait beaucoup à cœur :donner à lire et à représenter.
Alors cet homme est parti dans cet ailleurs retrouvant ainsi Feux Saïdou KANE, Mourtodo DIOP, Tène Youssouf GUÈYE et nous prions pour son repos céleste. Dans cette dernière demeure qui est désormais la sienne, nous demandons au Bon Dieu de l’accueillir en son Saint-Paradis, exprimons nos condoléances à sa famille éplorée .Amin

BÂ Kassoum Sidiki

Source : AfriqueMidi


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