Med Hondo - Une vie artistique riche pour un idéal

Med Hondo - Une vie artistique riche pour un idéal

mercredi 26 octobre 2011 à 19:35

Med Hondo est né en 1936 à Atar en Mauritanie et c’est un homme aux racines africaines multiples. Ballottée d’un pays à un autre, à cause des guerres successives ou tout simplement pour des raisons matrimoniales, la famille de cet ancien cuisinier (son premier métier) a sillonné en fait le Mali, l’Algérie, le Maroc, le Sénégal et a traversé le grand désert saharien pour survivre.

Ce va-et-vient incessant a fait de Med Hondo un homme conscient de sa condition d’Africain colonisé. Le nomadisme de sa famille a développé en lui un sens aigu de l’observation qui lui a permis de réaliser des films à la hauteur de la passion qu’il voue à l’art et au courage politique qui fait de lui un africain très engagé en faveur de l’Afrique et des Africains.

Après avoir étudié à l’Ecole Internationale de Rabat, au Maroc, où il a appris l’art de la gastronomie, il se lance dans le théâtre. Comme disait le chef d’orchestre franco-algérienne, Zahia Ziouani dans son livre autobiographique, Med Hondo a aussi eu la chance de rencontrer de « belles personnes » qui ont jalonné son parcours d’artiste et lui ont appris ce que l’être humain a de plus beau en lui, qu’il soit blanc, noir, africain, européen, asiatique ou autre.

A son arrivée à Marseille en 1959, Med Hondo devait vivre de petits métiers comme tout le reste de ces immigrants africains qui n’avaient pas choisi de leur propre gré la douleur de l’exil.

C’est en s’inscrivant à des cours de théâtre, que les choses allaient en fait radicalement changer pour Med Hondo. Outre l’influence exercée par certains auteurs sur lui, la rencontre de la grande comédienne Françoise Rosay allait provoquer en lui le déclic.

Med Hondo a gardé des souvenirs encore vivaces de cette période et de cette dame de théâtre qui avait réussi à développer en lui ce don qu’il a pour les arts et qui lui a surtout transmis le sens de l’humilité et de l’amour d’autrui sans distinction de couleur ou d’origine.

« A soixante-dix ans, Françoise Rosay continuait encore à enseigner les faits et gestes rudimentaires du jeu théâtral pour ses élèves », raconte-t-il à la rencontre-débat qui a ponctué la projection de ces films au Maghreb des Films 2011 au 3, Luxembourg à Paris.

Au bout de quelques années d’efforts acharnés, Med Hondo allait créer en 1966 sa propre compagnie théâtrale qu’il a appelée « Griotshango », avec le guadeloupéen Robert Liensol.

Le but de M. Hondo était de redonner vie à des oeuvres africaines et nègres en mettant en scène plusieurs auteurs à l’exemple de René Depestre, Aimé Césaire, Daniel Boukman puis en 1969, l’Oracle de Guy Menga jouée à Paris par des Africains et des Antillais.

En 1969, il s’est lancé dans l’aventure cinématographique en engageant ses propres économies pour l’achat des pellicules et la location du matériel de tournage de son premier long métrage Soleil ô, sorti en 1971.

Outre les films qu’il réalise, Med Hondo excelle aussi dans le jeu d’acteur de cinéma, vu son expérience théâtrale. Il a ainsi joué dans Un homme de trop de Costa Gavras (1966), Tante Zita de Robert Enrico (1967), Promenade avec l’amour et la mort de John Huston (1969), Antilles sur Seine de Pascal Légitimus (2000). Il est aussi la voix d’Eddy Murphy au cinéma et de Morgan Freeman entre autres.

allAfrica


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