Parution du récit « historique » d'un détenu mauritanien de Guantanamo

Parution du récit « historique » d’un détenu mauritanien de Guantanamo

jeudi 22 janvier 2015 à 20:59
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Le frère de Mohamedou Ould Slahi, Yahdih, pose avec le livre de son aîné au côté de l’avocate américaine Nancy Hollander. Des pages entières du récit ont été passées au feutre noir.
Photo AFP

Cette semaine paraît en France un livre exceptionnel intitulé Carnets de Guantanamo. Il s’agit du journal intime d’un Mauritanien soupçonné d’appartenir à al-Qaïda et détenu depuis août 2002 dans la prison militaire américaine controversée. C’est la première fois qu’un prisonnier toujours détenu à Guantanamo raconte sa captivité, et notamment les nombreuses tortures et humiliations qu’il a subies.

Il s’appelle Mohamedou Ould Slahi. Il est Mauritanien, âgé de 44 ans, et le récit qu’il publie cette semaine dans vingt pays était très attendu. Mohamedou Ould Slahi est détenu à Guantanamo depuis août 2002. Dans son journal intime, paru ce jeudi en France, il raconte les tortures qu’il a subies dans le centre de détention militaire américain situé à Cuba.

Au cours de la longue procédure ayant conduit à déclassifier ce document, Mohamedou Ould Slahi a vu ses écrits être retouchés et amendés plus de 2 500 fois. Samedi dernier, The Guardian a publié de larges extraits de son texte (en anglais).

Bénédicte Lombardo, responsable du domaine étranger chez Michel Lafon, maison d’édition de Carnets de Guantanamo en France, explique en quoi ce livre constitue selon elle un « document unique à portée historique » :

« C’est la première fois qu’un détenu à Guantanamo, qui est encore emprisonné, réussit à faire publier son manuscrit. Grâce à ses avocats américains, et grâce à un éditeur américain, ils ont réussi à publier ses carnets.

Ils sont rédigés en anglais ; c’est une langue qu’il a apprise pendant sa détention. Il y a des pages entières et certains passages - ou certains mots, certains noms de personnes -, qui ont été barrés en noir. Ça apparaît dans le livre ainsi.

On n’avait pas le droit de citer notamment tous les noms des gardiens, des personnes qui l’ont interrogé, de ses codétenus, etc. Tout cela est censuré.

Mohamedou Ould Slahi a montré qu’il était un vrai écrivain. Il a une façon de raconter tout son parcours et son emprisonnement de façon très personnelle, très touchante.

C’est un récit à la fois terrifiant bien sûr, mais aussi drôle, très élégant, et qui donne vraiment une vision de ce qui se passe réellement à Guantanamo. C’est un document exceptionnel. »

Source : RFI


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