Pourquoi choisir GNU/Linux ? (plutôt que Windows ou Mac OS)

lundi 11 mars 2013 à 16:29

Reprise de ce blog pour fêter mes 15 ans d’utilisation d’un système GNU/Linux *.

Tout a commencé par un Unix dans mon laboratoire, qui m’a conduit à installer une Red Hat sur mon PC à la maison. Puis j’ai opté pour un logiciel dérivé, Mandrake, devenu ensuite Mandriva. A la disparition de celle-ci j’ai testé un temps Kubuntu avant d’opter pour Linux Mint (en version KDE ou Lxde pour une machine moins puissante). J’ai même du GNU/Linux sur mon Raspberry Pi, le petit ordinateur à 40 euros.
Pourquoi ?

Ca marche.

C’est la moindre des choses, mais ces systèmes fonctionnent et j’ai toujours pu faire ce que je voulais avec (sans être informaticien). La fiabilité n’est en fait plus à démontrer car en réalité une majorité de serveurs, fondations du web et de tout un tas de services Internet, reposent sur ces systèmes. Les trois-quarts des smartphones utilisant Android** sont aussi des preuves claires des performances de Linux. Ajoutons aussi que bon nombre de box Internet ou de systèmes embarqués ont recours à ces outils.

C’est fun

Par construction ces logiciels « bougent » plus rapidement que dans le monde propriétaire d’Apple ou Microsoft. Les innovations arrivent donc souvent avant. Ainsi des célèbres bureaux virtuels, de la navigation par onglets, des extensions pour navigateurs mais aussi des interfaces graphiques rigolotes (mais peu utiles) comme les cubes. Bref il y a plus d’innovation. En passant, ça fait belle lurette qu’il y a des « app store » avec ces systèmes. Pour installer un logiciel l’utilisateur ne va pas sur un site dédié ou sur le site du fabricant pour télécharger un fichier d’installation, mais il interroge une vaste base de données pour trouver le logiciel ad hoc qu’il suffit d’installer en un clic (ou en une ligne de commande ; ça aussi c’est fun de « parler » à son ordi).
C’est fun aussi de pouvoir aider des amis ou collègues à ouvrir un fichier dont l’extension pose problème.
Fun aussi de pouvoir avoir son ordinateur dans sa poche sous forme de clés USB. On branche sur le PC et ce qui démarre n’est pas le Windows habituel mais un système tout aussi performant.

C’est simple

Si les gens sur leur PC ou netbook devaient installer Windows, ils trouveraient ça un peu compliqué. Mais comme les machines sont vendues avec, on croit que c’est simple. Et passer à Linux paraît hors de portée. En réalité ce n’est pas plus compliqué qu’installer un nouveau logiciel ou un jeu.
Pour avoir dû faire les deux, les distributions libres sont mêmes plus simples : plus rapides, pas de redémarrages multiples, pas de numéros de licence à entrer... Et quand c’est terminé, on a déjà beaucoup plus de logiciels prêts à fonctionner qu’avec Windows.

C’est légal et gratuit

J’aurais pu commencer par là. Les logiciels libres, dont les distributions Gnu/Linux, garantissent un usage légal de leurs fonctionnalités. Pas besoin de « pirater » pour avoir une suite bureautique ou de retouches d’images...

C’est politique

Utiliser un logiciel libre est certes pratique, confortable, légal, souvent gratuit... Mais c’est aussi un état d’esprit qui conduit à réaliser que le monde de l’informatique et par extension du numérique n’est pas une technologie neutre. Brider l’innovation par des licences ou des brevets sont des choix. Entraver la liberté du consommateur (et en fait son plaisir et ses possibilités), également. Etouffer la diversité, aussi.
Pour rappel, un programme libre garantit quatre libertés à l’utilisateur. Celle de pouvoir exécuter le programme (!), de l’étudier, de le modifier et de le diffuser (modifié ou non). J’ajouterai une cinquième liberté : celle de ne pas utiliser ces libertés mais d’en profiter !?! Car tout le monde ne peut lire ou modifier un code source.
Histoire de compliquer un peu cela, le terme open source remplace parfois celui de logiciel libre (ou free software en anglais). En gros, l’open source serait un vocabulaire plus commercial et « logiciel libre » serait plus militant.

C’est bon pour l’intelligence

Sur le plan technique, recourir à Gnu/Linux oblige à mieux comprendre ce qui se passe sur une machine : formatage/partition d’un disque ; distinction système/interface graphique ; définition de format des fichiers ; Bios et démarrage d’un ordinateur ; connection d’un périphérique.... Ca ne veut pas dire qu’on est obligé de mettre les mains dans le cambouis mais si on compare cela à une voiture, cela signifie qu’on sait où se trouve le cric, la roue de secours, les fils de la batterie, les ampoules des phares...

Sur le plan politique, bien saisir les différences entre propriétaire et libre amène à s’intéresser aux sujets plus généraux de brevets logiciels, de DRM, de peer-to-peer, de neutralité du Net, d’open data, de matériel libre... Autant de sujets qui surgissent dans l’actualité et qu’une meilleur culture « numérique » pourrait conduire à régler bien plus vite (ou tout le moins à sortir des débats entre spécialistes alors que toute la société est en réalité concernée) !

N.B :
*On doit dire GNU/Linux et non pas seulement Linux car Linux désigne le noyau du système complet qui contient également des outils du projet GNU.

**Android est libre au sens de la licence mais n’est pas très communautaire dans son développement, contrôlé par Google. Son noyau est Linux. Arnaud Faque explique aussi dans son livre consacré à Android que dans un smartphone Android beaucoup de choses ne sont pas libres comme des modules contrôlant le matériel, des interfaces, des applications (Gmail par exemple)...

Source : Le Monde (France)


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