Situation des droits de l'Homme : la Mauritanie malmenée à l'international

Situation des droits de l’Homme : la Mauritanie malmenée à l’international

mercredi 9 novembre 2016 à 13:35

Les succès diplomatiques engrangés sur le plan international par le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, en exil forcé, semblent avoir fait mouche. Tiré de sa torpeur, le gouvernement mauritanien vient de déclencher une campagne diplomatique tous azimuts pour tenter de redorer son blason, alors que l’attend une épreuve difficile à Genève pour son passage à l’Examen Périodique Universel (EPU).

Khadijetout MBareck Fall, ministre déléguée chargé des Affaires Maghrébines, Africaines et des Mauritaniens à l’Etranger, vient d’être investie d’une mission difficile. Contrer la solide diplomatie de l’IRA sur le terrain miné des droits de l’homme en Mauritanie. Le réveil du gouvernement mauritanien a été en effet tardif, faisant perdre à son offensive toute l’efficacité requise. C’est surtout, l’audience accordée à Birame Dah Abeid à l’Elysée qui a déclenchée l’hallali. Depuis des jours, la ministre et sa délégation sillonnent l’Europe, des terrains de prédilection longtemps conquis par les cellules actives des antiesclavagistes et une diaspora négro-africaine aigrie par les tracasseries administratives et un enrôlement biométrique génocidaire. Quelques semaines auparavant, le gouvernement mauritanien avait organisé à Paris une rencontre sur la réalité de l’esclavage en Mauritanie, sous la férule des « amis du Président Aziz » sur place. Cette rencontre de charme pour laquelle d’importants moyens financiers ont été débloqués, n’a apparemment pas donné les résultats escomptés. D’où le renfort de la ministre déléguée Mint MBareck Fall, épaulée par les ambassadeurs en poste en Europe. Par delà les rencontres informelles qu’elle a animées à Paris, à Bruxelles et à Amsterdam, sous couvert de recensement des problèmes des ressortissants mauritaniens, quelques rendez-vous privés lui auraient été concoctés avec les dirigeants de ces pays.
Les violations des droits de l’Homme en Mauritanie viennent ainsi d’être sanctionnées par un Rapport très sévère du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire qui somme la Mauritanie a verser des dommages et intérêts à Birame Dah Abeid, Brahim Bilal Ramadan et Djiby Sow pour détention arbitre, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur leur détention en novembre 2014.
Une autre délégation de l’ONU sur la torture vient également de quitter le pays, suite à plusieurs plaintes de détenus, dont les 13 cadres et militants d’IRA.
Toute cette avalanche de mauvais points enregistrés par la Mauritanie sur le plan des droits de l’homme rend encore plus périlleux la mission dévolue à ses représentants, invités à se prononcer devant leurs pairs à Genève pour répondre des engagements que le gouvernement avait pris lors du dernier EPU de 2015. L’évaluation de la Mauritanie aux termes de la deuxième séance en cours risque d’être négative et la Commission nationale des droits de l’homme mauritanienne risque ainsi d’être déclassée.

Source : http://aidara.mondoblog.org/


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