Un meilleur accès à l'eau et aux revenus en Mauritanie

Un meilleur accès à l’eau et aux revenus en Mauritanie

mardi 10 février 2015 à 11:44

Dans le sud de la Mauritanie, à proximité des frontières avec le Mali et le Sénégal, les villages reprennent vie grâce à un projet de relèvement rapide des ménages vulnérables.

Fatimetou Mint Mohammed, 52 ans, se souvient : « avec la sécheresse, nous devions marcher 3 kilomètres jusqu’au point d’eau le plus proche. Maintenant, non seulement, nous avons de l’eau potable au village, mais nous pouvons cultiver. Nous sommes encore novices, mais déterminées à produire nos propres légumes ».

Comme le reste du pays, la région a été touchée de plein fouet par une crise complexe et multidimensionnelle qui a affecté 800 000 personnes en 2012. Ajouté à une pauvreté chronique, la dégradation des ressources agro-pastorales et un accès limité aux services sociaux, la sécheresse et les maigres récoltes avaient fait augmenter le prix des denrées alimentaires, tandis que les violences dans le nord du Mali avaient fait fuir 75 000 personnes vers la Mauritanie.

Dans le cadre de l’appui du PNUD au plan national de solidarité visant à lier la réponse humanitaire avec les objectifs de développement, le projet de relèvement, financé par le Japon à hauteur de US$ 900 000, a pour objectif de soutenir plus de 400 000 personnes toujours affectées par cette situation d’urgence en 2015.

En réhabilitant puits et zones maraichères et en installant des moulins à grains, le projet a permis d’aider plus de 2 000 ménages à accroitre leur production agricole. Un programme de travail contre rémunération a également permis à 720 personnes, dont 60% de femmes, de contribuer à la réhabilitation d’infrastructures communautaires tout en ramenant un revenu essentiel à leurs ménages.

Le PNUD a également distribué des semences maraîchères et équipé 36 coopératives qui regroupent 2 880 femmes, dont un tiers sont chefs de ménage. Au total, 15 000 personnes et agriculteurs traditionnels ont vu leur production augmenter au point de couvrir les besoins alimentaires sur une période de 4 mois.

Cette amélioration a permis aux femmes d’acquérir une plus grande autonomie financière. Selon Mahayviya mint Mahmoud, présidente d’une coopérative des femmes de la localité de Sélibaly : « nous avons pu produire plus et mieux que les années passées. Le nouveau moulin à grains nous épargne la corvée de piler le grain. Mais surtout, nos filles peuvent désormais se consacrer à leur scolarité ».

La farine est désormais moins chère et accessible aux plus vulnérables, avec des économies pouvant aller jusqu’à US$ 13 par mois (4 000 MRO) et par ménage.

Dans le village de Debaye Bousseiv, Marième, agée de 35 ans et mère de 2 enfants, a pu reprendre une activité qui lui assure un revenu : « avec le nouveau moulin [du village], je peux moudre le grain de mil et de blé et produire du couscous que je vends chaque semaine. Avec ce revenu, je peux m’approvisionner en denrées de base et économiser pour entretenir ma famille. Plus tard, j’espère diversifier mon activité et devenir encore plus autonome ».

La réhabilitation des puits a aussi permis d’assurer l’alimentation en eau potable de plus de 1 000 ménages ainsi que l’irrigation de cultures maraichères. De plus, la création de comités de gestion, dont les membres ont été formés avec l’appui du PNUD, permet de réduire le nombre de conflits qui opposent éleveurs locaux et groupes en transhumance pour l’accès à l’eau ou l’utilisation des puits.

Pour José Levy, Représentant Résident Adjoint du PNUD et Chargé des Programmes, « le projet a permis d’améliorer la situation des femmes et des jeunes filles qui devaient se déplacer sur de longues distance pour trouver les farines les moins chères ou ramener l’eau, avec le risque d’être victime de violences sexuelles ». « Avec la proximité des moulins et des puits, les femmes peuvent se consacrer à des activités génératrices de revenus et occuper un rôle central dans le relèvement communautaire », ajoute-t-il.

Lors d’une cérémonie pour la remise de matériel financé par le Japon, Coumba Mar Gadio, Représentante Résidente du PNUD et Coordonnatrice du Système des Nations Unies en Mauritanie, a aussi souligné que « les prochains mois nous permettront de renforcer les capacités opérationnelles du gouvernement et des communautés en matière de réduction de risques de catastrophes, de résilience et de préparation et réponses aux urgences ».

Source : PNUD


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