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2012, pire que 2011 ?
mercredi 15 février 2012
Par Sneiba Mohamed
L’année 2012 ne commence pas vraiment sur les chapeaux de roues. En tout cas pas en ce qui concerne une amélioration notable des conditions de vie des populations. Tout le monde vous répète cette question : mais où est passé l’argent dont parle président de la République, le Premier ministre et l’Argentier du pays ? Qu’est-ce qui explique les mille et un disfonctionnement que l’on vit au quotidien, à tous les niveaux, de la chaîne économique et financière, notamment cette excessive prudence des banquiers et hommes d’affaires qui semblent craindre, d’un moment à l’autre une banqueroute générale ?
De plus en plus, l’on glisse de la crise politique, opposant la COD (Coordination de l’opposition démocratique) au pouvoir vers une intensification des revendications sociales sur fond de difficultés économiques persistantes. Et si en 2011, le gouvernement a été obligé de mettre en place un plan d’urgence dénommé « Solidarité 2011 », doté d’une enveloppe de 9 milliards d’ouguiyas, pour faire face à la flambée vertigineuse des prix, il se voit contraint, cette année de multiplier par quatre cet effort social, sans être sûr de parvenir à contenir la contestation.
Disons, pour être clair, que le problème se situe plutôt au niveau de l’action d’un gouvernement qui, pour paraphraser Gaston Berger, manque de « clairvoyance et de volonté ». Il n’y a que le volontarisme du président de la République qui donne encore un peu d’espoir à des populations lassées de voir des actions enclenchées avec enthousiasme mais qui se terminent, souvent, en queue de poisson.
A tel point que l’on commence même à se demander si les desiderata économiques du gouvernement ne sont pas, en quelque sorte, le pendant de son manque de perspective politique. Et, ici, revient inlassablement la question du dialogue et de l’application de ses résultats, à un moment où l’on parle d’un possible report des élections jusqu’en…2014 !
Dans un tel contexte, on peut espérer, tout au plus, que le gouvernement mette à profit le temps qu’il se donne pour accélérer le processus de remise à niveau de l’état-civil qui, en réalité, est le principal obstacle à la tenue, en 2012, des élections municipales et législatives. Parce que, il faut bien le dire, des centaines de milliers de mauritaniens sont détenteurs aujourd’hui de cartes d’identité arrivées à expiration, alors qu’un nombre tout aussi important les a perdu ou ne l’ait a jamais obtenu, leur production ayant été suspendue depuis longtemps.
Ceci dit, ce qui compte le plus aujourd’hui pour le gouvernement – et pour le président Ould Abdel Aziz – c’est de trouver la solution aux problèmes économiques et sociaux qui taraudent l’esprit de la majorité des mauritaniens.
La mise en branle d’un plan d’urgence destiné à amoindrir l’impact prévisible d’une année de sécheresse sur les populations rurales du pays n’a pas dépassé les échos du vote d’un budget colossal de 45 milliards d’ouguiyas destinés à alimenter les caisses de l’opération « Espoir 2012 ». L’impression qu’on a aujourd’hui est qu’on continue encore sur la même lancée du programme « Solidarité 2011 » sévèrement critiqué par une opposition (toutes tendances confondues) qui ne manque pas d’arguments pour fustiger le mode de gestion de ces fonds et son inégale répartition entre les villes et la « Mauritanie profonde ». Et c’est au gouvernement de prouver, par l’action, que 2012 ne sera pas, en termes de résultats dans l’action sociale et économique, un simple remake de 2011, sinon pire
Sneiba Mohamed
http://sneibamohamed.over-blog.com
Messages
7 mai 2012, 21:09
Très bon article, à la fois riche en informations et parfait. Je vous remercie de rediger toujours autant. amicalement.
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