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Guéguerre entre les oppositions : La CAP dans le collimateur des Islamistes
lundi 28 mai 2012
La déclaration récente de Boïdiel Ould Houmeid, président en exercice de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP), une structure regroupant trois partis d’opposition ayant accepté de dialoguer avec le pouvoir et qui réclame le respect des dispositions constitutionnelles dans l’alternance au pouvoir, a fâché les Islamistes. En effet, Ould Houmeid avait déclaré lors d’une conférence de presse animée par la CAP lundi dernier, que l’existence de partis islamistes en Mauritanie ne se justifie pas, vu que tous les Mauritaniens sont des musulmans pratiquants, et que personne n’a le droit de s’approprier à lui seul ce label.
Suite à la déclaration de Boïdiel Ould Houmeid, remettant en cause la nécessité d’un parti islamiste en Mauritanie, le vice-président du parti islamiste Tawassoul, Mohamed Ghoulam Ould Hadj Cheikh a jugé la déclaration de Ould Houmeid d’inapproprié à l’heure où les Islamistes ont largement prouvé leur aptitude à s’approprier les instruments et les outils de la démocratie et de la contradiction. Selon lui, l’histoire contemporaine a largement prouvé la capacité des partis islamistes à gérer les affaires des Etats et des peuples, mais aussi à accepter la cohabitation pacifique. Il a cité dans ce cadre l’exemple turc, où les Islamistes au pouvoir vivent en parfaite symbiose avec les tenants de la laïcité, mais aussi le Koweît, l’Egypte, la Tunisie, le Maroc. D’où, dira-t-il en substance, le caractère obsolète de tout discours relatif à l’adaptation ou non des partis islamistes avec la donne actuelle.
Ould Hadj Cheikh a souligné que le combat politique que mènent aujourd’hui les islamistes mauritaniens, en tant que mouvement national islamique, est avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui serait en train de semer les graines de la révolution et de jongler avec la sécurité du pays. Aussi, ajoutera-t-il en substance, il ne souhaite pas entrer dans des polémiques marginales avec d’anciens compagnons d’infortune, qu’ils respectent.
Selon lui, les divergences politiques sont le signe d’une bonne santé démocratique, insistant sur le respect qu’il voue aux leaders de la CAP dont ils saluent la contribution dans le combat pour la démocratie à travers leur militantisme engagé au sein du défunt FNDD (Front nationale pour la défense démocratique) mais aussi de la COD.
Ce combat entre les frères ennemis d’hier se poursuit alors que l’opposition dite radicale avec la participation de quatorze partis politiques dont les Islamistes Tawassoul, campe sur ses positions maximalistes appelant au départ du régime en place. Ce qui fera dire à l’un des députés de la CAP, Bodahiya Ould Sbaï, du parti APP, que toute prétention au pouvoir passera obligatoirement par les urnes et non pas par des révolutions ou des Printemps arabes, comme le prône la COD.
N’empêche, certains forces politiques restent encore persuadés que les feux de la dissension peuvent toujours être résorbées par un nouveau dialogue entre le camp de Mohamed Ould Abdel Aziz et son opposition radicale. Une philosophie développée par trois partis de la majorité présidentielle, Adil de Yahya Ould Ahmed Waghf, MPR (mouvement pour la refondation) de Kane Hamidou Baba et RD (Renouveau démocratique) de Moustapha Ould Abeiderrahmane. Ces derniers ont entamé depuis quelques jours une tournée de bons offices auprès des leaders de l’opposition boycottiste. Après une première rencontre jugée d’infructueuse avec Ahmed Ould Daddah, le Leader de cette opposition, qui aurait rejeté toute perspective de dialogue avec le pouvoir, le trio a rendu visite à Mohamed Jemil Mansour, président du parti Tawassoul , qui aurait reçu également un quatrième négociateur de la majorité, Cheikh Sid’Ahmed Ould Baba. Tous cherchent activement à décrisper le climat politique et éviter au pays les clashs de la discorde. Dans l’un et l’autre cas, le président Ould Mansour les aurait renvoyé à la position commune de la COD qui campe sur ses positions maximalistes, estimant que l’heure n’est plus aux faux fuyants et au dialogue, mais à la révolution populaire pour le départ du régime en place.
Cheikh Aïdara
Source : Journal L’Authentique