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La France s’inquiète de la crise mauritanienne

lundi 16 janvier 2012


La récente entrevue entre l’ambassadeur de France à Nouakchott, Hervé Besancenot, et le président du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, a été vue par bon nombre d’observateurs de la scène politique mauritanienne comme le " réveil " de Paris pour voir de quoi retourne la démocratie dans notre pays. De là à faire le rapprochement entre la réaction des autorités françaises sur les prochaines élections présidentielles au Sénégal et les ratés du processus démocratique en Mauritanie, à l’approche des scrutins municipal et législatif, il n’y a qu’un pas que certains téméraires n’ont pas hésité à franchir.

L’on peut dire, cependant, que le discours officiel du représentant de la diplomatie française à Nouakchott, rapporté par plusieurs médias de la place, n’est pas sorti du cadre strict des observations usuelles et du rappel de l’appui indéfectible de la France à la Mauritanie, que ce soit dans le raffermissement de sa démocratie ou dans les divers domaines de la coopération bilatérale entre les deux pays.

C’est dans ce cadre qu’il faut situer la volonté de la France d’être au courant des étapes franchies pour l’organisation des prochaines élections municipales et législatives en Mauritanie, les conditions dans lesquelles elles vont se dérouler ainsi que la disposition des différents pools politiques (majorité et opposition) à y prendre part.

Pour certains, ce sont là des procédures de formes dont l’objectif non avoué est de prémunir la France contre tout risque de nature à l’accuser d’indifférence envers un pays qui, aujourd’hui plus qu’hier, est engagé à ses côtés, notamment dans la stratégie de lutte contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. Et ce n’est pas pour rien si l’ambassadeur de France félicite l’armée mauritanienne pour avoir réussi à protéger l’intégrité territoriale de la Mauritanie. Avec comme avantage certains d’avoir - aussi - limité les prises d’otages occidentaux devenues une spécialité des combattants d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et dont Paris a déjà payé, à plusieurs reprises, le prix fort.

De son côté, le président du parti au pouvoir, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, a voulu, comme on pouvait s’y attendre " vendre " le dialogue à son interlocuteur français. Il a indiqué que sa formation a toujours maintenu le contact avec les partenaires politiques pour entrer dans un dialogue permettant " le renforcement des acquis démocratique ", considérant que les préparatifs pour l’organisation des élections " se déroulent selon ce qui a été convenu " entre les différents protagonistes du dialogue, et prévoyant une possible participation des partis de l’opposition ayant refusé le dialogue aux prochaines échéances électorales.

Cette perspective optimiste à l’excès, peut-être, doit cependant être laissée à l’appréciation des partis de la COD. Cette dernière le dira, en temps opportun, quand elle aura à se prononcer dans les prochaines semaines sur la tenue d’élections où tout à été préparé en amont sans elle.

Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est quand même une chose : Paris peut bien chercher, maintenant, à jouer au conciliateur. Elle fera tout pour que les politiques des deux bords trouvent un terrain d’entente permettant à la COD d’être de la partie. Sans cela, on voit mal comment la France pourrait donner sa bénédiction à des élections où une majorité composée de 60 formations politiques (sans effets de propagande) aura à en découdre avec 4 partis d’opposition dont deux n’auront qu’un rôle de " figurants ".

Sneiba Mohamed
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