La naissance d'un progrès

La naissance d’un progrès

mercredi 26 octobre 2011 à 08:55

Là où il est disponible, le forfait obstétrical a réduit de moitié la mortalité maternelle

En Mauritanie, accoucher la peur au ventre n’est plus systématique. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, la mise en place du forfait obstétrical est en train d’inverser une tendance dramatique  : en 2007, 686 femmes sur 100 000 mouraient encore en donnant la vie. A l’initiative, en 2002, du ministère de la Santé mauritanien et grâce au concours, depuis 2004, de l’AFD (Agence Française de Développement), ce système a réduit, dans les zones où il est disponible (40 % du territoire), la mortalité maternelle de moitié. Son principe  : pour une vingtaine d’euros (5 500 ouguiyas), les femmes enceintes bénéficient d’un forfait incluant consultations prénatales, échographie, accouchement et consultation postnatale. «  C’est trois fois moins que ce qu’elles payaient avant, et dix fois moins s’il y a césarienne  », précise Bénédicte Brusset, chargée du dossier à l’AFD.

Eviter la corruption

Son prédécesseur, Patrick Dauby, évoque un autre avantage  : «  Elles savent dès le début ce que ça leur coûte, peuvent donc s’y préparer et éviter de s’endetter.  » Car avant le forfait obstétrical, les futures mères devaient acheter elles-mêmes leur matériel dans une pharmacie privée. «  Une boîte de gants pour une seule paire, idem pour les médicaments, poursuit Bénédicte Brusset. Aujourd’hui, l’argent du forfait paie le matériel adéquat, qui est immédiatement à disposition.  » Sans compter que le personnel de l’hôpital demandait régulièrement de l’argent en échange d’une prise en charge rapide et efficace. «  Le forfait obstétrical résout le problème de la corruption, puisque le personnel en touche un pourcentage. Il a donc tout intérêt à convaincre les femmes de l’adopter  », dit Patrick Dauby.

Bouche à oreille

«  Dans les grandes villes, rares sont celles qui ignorent l’existence du forfait, c’est écrit partout  ! D’autre part, le bouche à oreille fonctionne très bien. Et je pense que l’échographie doit jouer un rôle  : elles adorent  », souligne Bénédicte Brusset. A Nouakchott, la capitale, 90 % des femmes hospitalisées ont adhéré au forfait, et 80 % dans l’ensemble des zones équipées du pays. L’AFD entend maintenant passer à la vitesse supérieure. Objectif  : équiper 80 % du territoire d’ici à 2 015.

Virginie Tauzin - 20minutes


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