Accueil > Actualités > Politique > Majorité-Opposition : Après la trêve, les hostilités reprennent
Majorité-Opposition : Après la trêve, les hostilités reprennent
vendredi 31 août 2012
Le long mois de Ramadan, les vacances du gouvernement et les devoirs religieux liés à la Omra ont plongé entre autres, la scène politique nationale dans plusieurs semaines de trêve. Aujourd’hui, les hostilités reprennent avec une Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui affûte ses armes pour de nouvelles reconquêtes de la rue, tandis que dans sa première sortie dans les médias, le président de l’Union Pour la République (UPR) et de la majorité présidentielle, attaque une opposition inconséquente et incapable de sortir de son illogisme.
Fini les vacances, les choses sérieuses reprennent. Le conseil des présidents de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) devait se réunir hier à Nouakchott pour tirer un bilan des activités passées sur le plan politique, mais aussi au niveau des actions menées par le mouvement des jeunes et celui des femmes. L’objectif est de dresser un nouveau planning pour des actions futures, en termes de marches et de sit-in non seulement dans la capitale mais aussi dans l’intérieur du pays.
Le mois du Ramadan et les aléas d’un calendrier peu propice à l’action politique n’ont pas en toute apparence refroidi l’ardeur d’une opposition toujours déterminée à faire déguerpir le pouvoir. Le slogan "Aziz Dégage !" sortira ainsi de nouveau des placards pour envahir la place publique aux cris de colères des adversaires du régime résolument déterminés à brandir leur leitmotiv de guerre, dans une sorte de guerre psychologique destiné sans nul doute à faire craquer les tenants du pouvoir en place et les obliger à s’éclipser.
Les démonstrations de force s’accompagneront, selon une source proche de la COD, de conférences sur les dossiers compromettants du régime, de quoi pousser les Mauritaniens à découvrir, selon l’opposition, le vrai visage de ceux qui les dirigent. A noter que la réunion d’urgence du bureau des présidents de la coordination intervient avant une session parlementaire exceptionnelle que le président Mohamed Ould Abdel Aziz s’apprêterait à convoquer.
Sans attendre les sorties musclées de l’opposition, la majorité semble avoir opté pour l’offensive, avec cette sortie peu amène de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, invité d’une radio de la place. Le président de l’UPR n’y est pas allé du dos de la cuillère lui qui a accusé le discours de l’opposition d’insultante et peu respectueuse de l’Etat et de ses institutions. La presse en aura au passage pour son grade, le chef de file de la majorité présidentielle l’accusant de se nourrir de ragots pour alimenter ses chroniques au lieu de chercher à se professionnaliser. Mieux, Ould Mohamed Lemine ira jusqu’à traiter l’opposition d’antipatriotique, l’accusant de profiter des démêlés de l’armée nationale dans sa guerre contre Aqmi pour semer la discorde ou de se gargariser de situation difficile comme la sècheresse pour en faire un sujet de politique. En fin de compte, il s’est dit opposé à tout dialogue qui toucherait à la Constitution ou aux textes institutionnels, avec l’opposition, se disant cependant disponible à toute autre forme de dialogue qui apaiserait la scène politique nationale et remettrait le processus démocratique en marche. Ainsi, les rapports distendus entre la majorité et l’opposition se dirigent vraisemblablement vers l’escalade, à l’heure où toutes les initiatives pour rapprocher les deux camps se sont brisées sur le mur de l’incompréhension, à l’image de la dernière tentative de médiation initiée par le président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheïr. Une autre initiative est née dans les dix jours avant la rupture du jeûne du Ramadan, menée par des érudits et des universitaires, notamment l’Imam Abdellahi Ould Meinou, des professeurs universitaires comme Ahmed Bouya Ould Cheikh Mohamed Taghyoullah, Sidi Mohamed El Hadj Ahmed, Mohamed Abdallahi Ould El Bane, entre autres.
Ceux prônent une démarche à plusieurs paliers, dont notamment la reconnaissance par l’ensemble de la classe politique des résultats de la présidentielle de 2009, l’apaisement du discours politique loin des insultes et des diatribes, le respect des règles démocratiques liées à l’alternance pacifique au pouvoir etc.
JOB.
Source : Journal L’Authentique