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Mauritanie : Le transport par taxi, entre anarchie et galère

vendredi 12 octobre 2012


Depuis plus d’une semaine, les choses sont devenues de plus en plus compliquées surtout avec la rentrée des classes, pour les usagers des taxis urbains, car c’est de nouveau l’anarchie dans les tarifs et les courses à cause des augmentations sauvages décidées par les taximan.

En effet, prenant prétexte des contraintes imposées par les hausses du prix du carburant , des embouteillages et la canicule qui continuent à bouleverser le programme de la circulation dans la ville et en direction des cités limitrophes du centre ville telles que Riyad , Arafat et Toujounine , les taxieurs ont procédé unilatéralement à des augmentations des prix des courses.

Ainsi, la place qui coûtait 200 ouguiyas est passée à 300, la course de 100 ouguiyas est passée à 200, et ainsi de suite. Ce qui a provoqué bien entendu le dépit des usagers et parfois même des manifestations de colère en mettant en cause l’absence de contrôle et celle des autorités concernées.

« Hier, j’ai pris un taxi pour une course de la polyclinique au centre émetteur et j’ai dû payer 400 ouguiyas au lieu de 100 que je déboursais habituellement.

C’est inadmissible ! », s’est plaint un citoyen rencontré près du grand marché. Au niveau de la BMD, des chauffeurs de taxis assurant la course vers Tevragh Zeina ont pris, eux aussi, la décision d’augmenter de 200 ouguiyas la place vers le carrefour cité SMAR, de 300 vers HAMA Nil.

« Normal ! A jugé l’un d’eux, compte tenu des changements constants d’itinéraires et des virages. « Nous sommes obligés d’augmenter les prix de transport suite à la cherté du carburant et compte tenu de la longueur de l’itinéraire. Nous ne voulons pas travailler à perte. Sinon on arrête carrément ! Quelles seront alors, d’après vous, les conséquences ? ».

Devant la menace, un usager s’est rendu à l’évidence et a estimé qu’il vaut mieux payer 200um de plus que de rester sans moyen de transport. Au niveau du marché de la capitale, nous avons entendu le même son de cloche chez les taxieurs qui font l’axe Marché capitale-Stade. Eux, ont invoqué les bouchons de la circulation, les hausses du prix du carburant et le manque de pièces détachées.

Hier encore, au niveau de la gare de la BMCI qui accueille les taxis assurant les lignes BMCI-Toujounine-Mellah ; BMCI-Souk Mecca ; BMCI-Bouhdida et BMCI-3 poteaux, c’était l’anarchie. En dépit des efforts d’organisation et d’encadrement déployés par un délégué élu par les chauffeurs qui opèrent dans ce parc, l’endroit a été envahi à son tour par les taxis de la fraude.

« En plus de ces intrus, c’est les véhicules individuels qui viennent stationner ici, prenant l’espace et gênant considérablement les taxis services », nous a expliqué un taximan, membre de ce groupe, contacté hier. « Nous sommes bloqués ! » a-t-il ajouté.

Concernant les destinations de la cité Dar Naim, Teyarret, Mechrou, Haye Saken, seuls quelques taxieurs consentent à rallier ces faubourgs, en commençant toutefois à exiger eux aussi une augmentation du tarif. « 100 um la place, ce n’est plus rentable ! » a confirmé en effet un chauffeur travaillant au niveau de cette station de BMCI (cité police).

La polyclinique au soir : Un Etat dans un Etat

A 17 heures, les chauffeurs de taxi qui empruntent l’axe Clinique-Ritadh appliquent leur loi au vu et au su de tous. Il s’agit de 200 um par passager sur le goudron et 300 um pour le virage moins de 200m. Répondant à la question, pourquoi, ne pas prendre les bus de la SNT ?" Ils sont lents, leurs trajets sont trop longs et la sécurité faut défaut. Nous sommes souvent exposés aux vols" .C’est donc la galère en cette période de rentrée des classes et de l’approche de la fête où les dépenses sont doublées, pour les usagers qui nous ont affirmé être les éternelles victimes devant des autorités qui disent mot.

Reportage réalisé par Daouda Sidi

Source : Points Chauds