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Rapatriés : Où sont nos droits à la citoyenneté ?
mercredi 11 janvier 2012
Les rapatriés mauritaniens du Sénégal avaient menacé depuis des jours de descendre dans les rues de Nouakchott pour revendiquer leurs droits. Ils ont tenu promesse. Dans la journée du lundi 09 janvier 2012, une centaine de rapatriés, membres de l’Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal (UNRMS) a investi les murs de l’Assemblée Nationale pour demander à l’Etat mauritanien de respecter ses engagements consignés dans l’accord tripartite.
Sur leurs banderoles étaient inscrits divers slogans « Les rapatriés sont floués-Où sont nos droits à la citoyenneté ?-Où sont les promesses au pouvoir ?-Que de mensonges à l’enrôlement -Indemniser nos biens spoliés-Restituer nos terres-Respecter notre citoyenneté. » En nombre, ils étaient venus des différents sites de réfugiés du pays (Trarza, Brakna, Gorgol, Assaba et Guidimagha), porteurs d’une lettre de revendication.
Dans leur plateforme revendicative, les rapatriés demandaient aux autorités de respecter les engagements signés dans l’accord tripartite et un enrôlement juste, transparent et équitable. L’UNRMS exigeait à ce que le Formulaire de Rapatriement Volontaire (VRF) déjà traité ainsi que le certificat d’accouchement puissent servir de base pour l’enrôlement des rapatriés et leurs enfants nés au Sénégal. Ils demandaient aussi l’implication des rapatriés dans ce processus d’enrôlement en engageant deux facilitateurs parmi eux dans tous les bureaux d’enrôlement des départements d’accueil.
L’ANAIR, pointée du doigt
Dénonçant dans leur lettre « le népotisme et la gabegie qui sévissent au sein de l’ANAIR » les rapatriés déplorent dans leur revendication, le fonctionnement de ladite structure. Selon eux « le recrutement se fait par lien de parenté ou d’amitié au sein de l’ANAIR et que certains employés ont des salaires exorbitants pour des prestations de services ou des missions inutiles. »
Martelant leurs ires, ils déclarent que l’Etat mauritanien s’était engagé lors de la signature de l’accord tripartite, à leur disponibiliser des pièces d’Etat civil, la restitution ou à défaut, une indemnisation des biens (Bétail, matériel) confisqués lors des événements de 1989. L’indemnisation des orphelins, veuves et ayants droits, la prise en compte effective des préoccupations des rapatriés, la viabilisation de l’eau, de l’électricité ; des infrastructures sanitaires et scolaires, ainsi que l’implication effective des rapatriés dans toutes les étapes du processus d’insertion.
Criant le manque de volonté des pouvoirs publics, les rapatriés déclarent qu’ils vivent dans des conditions déplorables, depuis leur retour.
Des cris du cœur qui ont reçu le soutien des députés de l’opposition (Khadiata Malick Diallo de l’UFP, Jemil Mansour de Tawassoul et Abderahamane Ould Mini du RFD) qui sont venus s’enquérir de leur situation.
Khadiata Malick Diallo « Ould Abdel Aziz ne fait que du populisme »
« Ca confirme ce que nous avons toujours dit ; qu’Ould Abdel Aziz ne fait que du populisme. Il ne cherche pas à régler le problème des citoyens. Lorsqu’il s’est emparé du pouvoir en 2008, il a montré aux réfugiés qu’il garantit leur retour et leur réinsertion. Nous avons toujours dit qu’ils ont été floués et la preuve est là, ils sont entrain de le manifester. Hier (dimanche, 08 janvier, ndlr), c’était les fonctionnaires victimes des événements de 1989 et aujourd’hui c’est le tour des victimes du passif humanitaire. Ce ne sont pas les promesses qui vont régler les problèmes, ni la démagogie ou le populisme. Ils se règlent par les discussions, le dialogue, la concertation afin de trouver les meilleures voies pour satisfaire tout le monde.
L’état civil est un problème général en Mauritanie. Ils avaient dit qu’ils allaient prendre des mesures spéciales pour les rapatriés et ce sont ces refugiés mêmes qui dénoncent l’enrôlement.
Jemil mansour « C’est un problème qui demande une intervention réelle de l’état mauritanien. »
« Je trouve qu’après toutes ces périodes, nos citoyens qui sont revenus du Sénégal n’ont pas trouvé une situation acceptable. Ce sont des mauritaniens déportés de leur pays, qui on été massacrés, touchés dans leur identité, dans leurs biens. Aujourd’hui, on essaie par une politique politicienne, comme la prière d’Ould Abdel Aziz à kaèdi pour régler un problème. C’est un problème qui demande une intervention réelle de l’état mauritanien. Il faut que les partis politiques, la société civile, essaient de faire toutes les activités nécessaires pour que les rapatriés puissent recouvrer leurs droits. »
Source : Le Quotidien de Nouakchott